D’où je parle

Une trajectoire entre Paris, Israël et d’autres terrains, entre expérience vécue et regard posé.

Je suis née et j’ai grandi aux portes de Paris, dans une famille venue d’ailleurs.
J’ai grandi entre plusieurs cultures, mais avec un ancrage très clair : le français.
Ma langue, mon socle, mon point d’entrée dans le monde.

C’est là que tout commence.

Très tôt, je ne me suis pas intéressée aux lieux pour ce qu’ils montrent,
mais pour ce qu’ils disent.

À ce qui se joue derrière les façades.
À la manière dont on regarde un pays — et à ce qu’on choisit d’en comprendre.

C’est à cet endroit que je travaille.

J’ai vécu en Israël entre 17 et 30 ans.
C’est là que se sont construits mes premiers axes de travail-le tourisme, le secteur alimentaire mais surtout une lecture du monde.
Une lecture à la fois humaine, politique, intime.

J’y ai vécu un moment fondateur.
J’étais à Tel-Aviv, sur la place, le soir de l’assassinat de Yitzhak Rabin ce 4 Novembre 1995.
Un point de bascule.
Un moment où l’on comprend, brutalement, que l’histoire n’est pas une idée mais une réalité qui vous peut changer le cours du monde et accessoirement, de votre vie.

Au cœur de ces années en Israël, j’ai aussi vécu deux ans en mer.
Sur un bateau.
À travers les Caraïbes, jusqu’aux États-Unis.

C’est d’ailleurs ainsi que j’ai découvert ce pays pour la première fois :
en arrivant à Miami… en bateau.

Je ne voyageais pas en surface.
Je vivais sur place, parfois plusieurs mois, au plus près des sociétés.

C’est là qu’une conviction s’est ancrée, définitivement :

On ne comprend un pays que lorsqu’on y vit.
Et on ne peut en parler qu’à partir de là.

Mes langues -Français, Hébreu, Anglais, Espagnol ne sont pas un outil.
Elles sont ce qui m’a permis d’entrer, d’écouter, de comprendre.

Parler une langue, vraiment, ce n’est pas aligner des mots.
C’est comprendre un humour, un silence, une ironie, en état d’esprit.
C’est lire entre les lignes.
C’est accéder à ce qu’un pays ne dit pas directement.

J’en suis donc venue, naturellement, à travailler ponctuellement en traduction et en interprétariat, notamment pour la presse.

Une pratique exigeante, sans filet qui oblige à être précis, rapide, et à comprendre immédiatement ce qui se joue dans une langue.

À mon retour en France, j’ai poursuivi par la gastronomie.
J’ai développé une ligne de produits gourmet en provenance d’Israël, que j’ai introduite notamment aux Galeries Lafayette Gourmet.

Mais là encore, il ne s’agissait pas seulement de produits.
Il s’agissait de transmettre une culture, un terroir, une histoire.

Puis le tourisme est revenu.
Autrement.

On m’a d’abord contactée pour promouvoir des structures israéliennes auprès d’agents français.
Très vite, j’ai développé mes propres projets : séjours chez l’habitant au vert, approches locales, puis des délégations officielles autour de la coexistence entre communautés.

Mais ré-installée désormais chez moi, à Paris, rendait ce lien entre la France, Israël, les Etats-Unis, compliqué.

J’ai donc accepté une nouvelle opportunité : 

Faire découvrir la France, Paris et les merveilles d’Ile-de-France à des visiteurs étrangers.
Non pas comme une vitrine, mais comme une société.

C’est ainsi qu’est né Paris Like a Parisian.

Pendant plusieurs années, j’ai accompagné des voyageurs venus d’Israël, des États-Unis, du Canada, parfois d’Europe..
Toujours avec la même ligne :

Ne pas montrer.
Faire comprendre.

Puis le réel a rattrapé le décor une nouvelle fois.

Un monde devenu plus instable.
Des équilibres qui se fragilisent.
Des lignes qui bougent, parfois brutalement.

Et, en parallèle, un autre phénomène :
Une transformation du tourisme lui-même.

Plus rapide.
Plus massif.
Plus standardisé.

On parle maintenant de “Surtourisme” de “Tourisme Instagramable”.

Moins de fond.

Moins de compréhension.

Et souvent, moins de sens.

En parallèle, les transformations engagées à Paris au cours des dernières années ont profondément modifié le terrain.

Une autre vision de la ville s’est imposée.
Plus radicale.
En rupture, souvent, avec la manière dont je la lis et la transmets.

Des choix urbains lourds, des chantiers permanents, une circulation repensée de façon brutale.

Tout cela a progressivement altéré l’équilibre de la ville.

Pas seulement dans son fonctionnement, mais dans son esprit, son esthétique, sa raison d’être.

Je ne m’y reconnais pas.

Et je ne peux pas faire semblant.

J’ai alors fait un choix.

Clair. Radical.

Je me suis engagée dans la dernière campagne municipale à Paris.
Pas en observatrice mais de l’intérieur.

On m’a proposé de figurer sur une liste dans mon arrondissement.
J’ai soutenu une candidate localement, ainsi que la candidate principale à Paris.

Cette campagne portait une possibilité rare :
Une évolution du mode de scrutin, et la perspective, pour la première fois, de pouvoir désigner directement la mairie centrale.

Une véritable fenêtre d’opportunité.

Je m’y suis impliquée pleinement.
Présente, engagée.

Nous avons tenté.
Nous y avons cru.

Cela n’a pas abouti.

Mais les effets de ce moment dépassent largement son issue.
Ils s’inscrivent déjà dans une transformation plus profonde de la ville.

J’y reviendrai.

Cela a alors, pour moi, clarifié quelque chose d’essentiel.

Aujourd’hui, je ne vends plus de destinations.

Je travaille à cet endroit précis :
lire un pays, comprendre une société, et rendre cela accessible.

Je connais la société française de l’intérieur.
Je connais la société israélienne de l’intérieur.
J’ai vécu ailleurs, au plus près.

Et partout, j’ai fait la même chose :
M’impliquer, apprendre, décoder.
Comprendre les mentalités, le langage, les sous-entendus.

Parce qu’on ne parle pas d’un pays sans en maîtriser la langu

Je mets ce regard au service de celles et ceux qui cherchent autre chose qu’une lecture superficielle.

Éclairer.
Contextualiser.

Mettre en perspective.

Si cela vous parle, vous pouvez m’écrire.

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